La formation consacrée aux droits de solidarité, organisée conjointement par le Mouvement international des droits de l’homme et des peuples, l’Association du Centre Amman d’études des droits de l’homme et l’Institut scandinave des droits de l’homme / Fondation Haytham Manna, a débuté avec la participation d’un groupe de formateurs et d’experts.
Dans son allocution de bienvenue, le Dr Nizam Assaf, président du Mouvement international des droits de l’homme, a remercié toutes celles et tous ceux qui œuvrent et luttent pour faire inscrire les droits de solidarité dans les instruments contraignants des Nations unies, au-delà de la seule adoption de déclarations de principes.
Il a souligné le rôle des organisations membres du Mouvement international des droits de l’homme et des peuples dans cette lutte longue et difficile. Il a également rappelé que plusieurs formations avaient déjà été organisées sur cette question, dont la dernière en coopération avec l’Association marocaine des droits humains, à Rabat.
Il a enfin remercié les participantes et les participants, dont le nombre dépasse les quatre-vingt-dix personnes, venues de quinze pays, et qui suivront, à distance, cette formation pendant une période de quarante jours.
Le Professeur Haytham Manna, responsable scientifique du programme et membre de l’équipe pédagogique, a ensuite présenté la première intervention, intitulée : « Introduction aux droits de solidarité ».
Les droits de solidarité : une introduction
Dans son intervention, Haytham Manna a rappelé que l’idée du droit humain est apparue parallèlement à l’émergence de courants philosophiques idéalistes mettant l’accent sur l’individu, non pas seulement en tant que première unité de la richesse, comme cela était le cas dans les sociétés marchandes fondées sur le prêt à intérêt, mais également comme incarnation d’un ensemble de droits naturels qui n’étaient pas encore reconnus à un être humain dont la valeur véritable n’avait pas encore été pleinement reconnue.
Il a expliqué comment l’image de l’être humain — ce « petit monde », avec son individualité et ses spécificités — s’est progressivement affirmée comme porteuse de droits naturels inaliénables, dans la mesure où ceux-ci ne sont pas le produit d’une idéologie ou d’une croyance, mais sont considérés comme issus de la nature humaine et de l’ordre de l’existence.
Avec les droits naturels est apparue la notion de « la personne », titulaire de droits fondamentaux et naturels tels que le droit de propriété, le droit à la liberté, le droit à l’égalité et le droit de résistance.
Parce que ces droits sont naturels, c’est-à-dire inhérents à l’être humain, ils sont égaux, en ce qu’ils appartiennent à toutes et à tous, et universels, puisqu’ils n’en excluent personne.
Dans l’ordre social et politique, cette conception implique un renversement de la relation entre l’État et les personnes : la priorité ne réside plus dans les devoirs des « sujets », mais dans les droits des personnes et des citoyens.
Dès lors que les droits de l’homme sont considérés comme fondamentaux, leur définition acquiert une dimension historique. Ils ne sont pas apparus d’un seul coup et n’ont pas été définis une fois pour toutes ; ils constituent au contraire un projet historique en développement et en progression. En ce sens, ce projet demeure inachevé. Il n’existe pas, dans le domaine des droits de l’homme, de formule du type : « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion et accompli sur vous Mon bienfait ».
Le Dr Manna a ensuite retracé le parcours de la première génération des droits, à savoir les droits civils et politiques, puis celui de la deuxième génération, comprenant les droits économiques, sociaux et culturels, avant d’aborder les luttes actuelles visant à consolider les fondements de la troisième génération, notamment le droit à la paix, le droit au développement et les droits environnementaux, dans les consciences et dans le droit international.
Cette présentation s’inscrit dans une conception des droits de solidarité généralement associée aux droits collectifs et aux droits dits de troisième génération, parmi lesquels figurent notamment le droit à la paix, le droit au développement et le droit à un environnement sain.
Débat et échanges
La discussion et les échanges de questions se sont poursuivis pendant plus d’une heure et demie. Ils ont notamment porté sur les résistances politiques exprimées dans plusieurs pays occidentaux à l’égard de la troisième génération des droits, ainsi que sur les difficultés auxquelles sont confrontés les militants et les experts engagés dans cette lutte.
Documents et poursuite de la formation
Près d’une centaine de documents internationaux et régionaux relatifs aux droits de l’homme et aux droits des peuples, ainsi que des ouvrages et des études fondamentales sur les droits humains, seront transmis à l’ensemble des participantes et participants. Des références complémentaires leur seront également communiquées afin de leur permettre d’approfondir leurs connaissances sur cette question.
La formation se poursuivra à raison d’une conférence par semaine, chaque vendredi soir, à distance. Plusieurs enseignants et experts interviendront dans le cadre du programme, notamment Haytham Manna, Nizam Assaf, Bassam Al-Trifi, Nasser Al-Ghazali, Hussam Miro et Ibrahim Muslim.
Vendredi 18 septembre 2026